Die Korrespondenz zwischen Georg Lukács und Lucien Goldmann
1. Marc-André Béra et Lucien Goldmann à Georg Lukács le 24 Juin 1955
[texte dactylographié sur du papier à en-tête de Cercle Culturel de Royaumont]
M. Georg Lukacs
Université de Budapest
Budapest
Hongrie
le 24 Juin 1955
Monsieur,
reprenant une tradition dont l’expérience de la Rencontre sur Pascal en Novembre dernier a montré tout la valeur, le Cercle Culturel de Royaumont se propose, avec l’approbation d’un grand nombre de participants à la dernière rencontre, d’organiser un colloque sur Descartes dont un certain nombre d’ouvrages parus au cours de ces dernières années ont prouvé la brûlante actualité. Messieurs Henri Gouhier, Professeur à la Sorbonne et Martial Gueroult, Professeur au Collège de France ont bien voulu accepter de présider cette rencontre.
Etant donné l’importance de vos travaux philosophique nous serions très heureux si vous acceptiez de participer à cette rencontre et au cas ou cela vous serait possible d’y faire une communication. Dans cette dernière éventualité, nous vous prions de nous communiquer à temps le sujet de votre exposé pour l’insérer dans le programme qui sera imprimé à la fin du mois de Juillet. Commémoration du Tricentenaire du Mémorial de Pascal les communications et les débats feront le objet d’une publication en volume.
Nous vous rappelons Que vous êtes invité par le Cercle Culturel pour la duré de la rencontre, cet-à-dire du 15 au 20 Octobre inclusivement.
Nous vous prions de agréer, monsieur, l’assurance de notre plus haute considération.
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
M-A Béra
Directeur du Cercle Culturel
L. Goldmann
Attaché de recherche au C. N. R. S.
2. Marc-André Béra à Georg Lukács le 28 Juin 1956
[texte dactylographié sur du papier à en-tête de Cercle Culturel de Royaumont]
Monsieur Georges Lukacs
Professeur à l’Université
Budapest
le 28 Juin 1956
Monsieur le Professeur,
il y a plusieurs semaines, j’ai eu l’honneur de vous transmettre, de la partie Comité des Colloques Philosophique de Royaumont, une invitation officielle à participer aux rencontre d’octobre prochain, qui auront pour thème „ La pensé et l’œuvre de Karl Marx».
Nous craignons que cette invitation ne vous ait pas touché. Je suis donc chargé de vous la renouveler de façon d’autant plus pressante que l’importance du colloque, par le nombre et la qualité de contribution annoncer, mérite tout votre attention. Tout le monde s’accord pour estimer votre présence indispensable, pour que le débat engagé prenne tout son ampleur, et tout sa portée philosophique.
Ne voyez dans cette insistance que l’expression du désir de vos collègues et de vos disciple français, dont quelques uns sont les plus ardents animateurs de cette rencontre, de vous voir prendre une part active à ces débats.
Je vous pris d’agréer, Monsieur le Professeur, l’assurance de mes sentiments respectueux et dévoués.
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
M-A Béra
Directeur du Cercle Culturel
Administrateur du Congrès
[appendice :]
COLLOQUE PHILOSOPHIQUE DE ROYAUMONT
LE COMITÉ DIRECTEUR :
Président : M. Gaston Berger, membre de l’Institut, directeur général de l’Enseignement Supérieur
Membres : MM Ferdinand Alquie, Professeur à la Sorbonne; Leslie Peck, Professeur à l’Université d’Oxford; Maurice de Gandillac, Professeur à la Sorbonne, Henri Gouier, Professeur à la Sorbonne; Marcial Gueroult, Professeur au Collège de France, Professeur honoraire à la Sorbonne; Alexandre Koyre, Directeur d’Études à l’École Pratique des Haut Études; Jean Wahl, Professeur à la Sorbonne
Secrétaire : M. Lucien Goldmann, Chargé de Recherches au CNRS ;
Administrateur : M. Marc-André Béra, Directeur du Cercle Culturel, Agrégé de l’Université
Monsieur,
A la suite du succès des deux premiers colloques philosophiques de Royaumont, qui furent consacré l’un, en Novembre 1954 à Pascal, et l’autre, en Octobre 1955 à Descartes, le Comité des Rencontres Philosophiques réunit à Royaumont le 21 Octobre 1955, a décidé à l’unanimité de retenir comme sujet, pour les entretiens de 1956 :
LA PANSEE ET L’OEUVRE DE KARL MARX
envisagées sous leur aspecte économique, philosophique et historique.
L’objet de cette rencontre, comme celui des précédents colloques, est de permettre la plus large confrontation dans une total liberté d’expression et dans une atmosphère de cordialité et de respect mutuel des opinions et des doctrines.
Le Comité s’est réuni à nouveaux ces jours-ci pour arrêter la liste des participants éventuels, liste nécessairement réduit, en raison des possibilités limitées d’ébergement à Royaumont.
Il a décidé d’offrir la Présidence de ces journées à M. Lucien Febvre, Membre de l’Institut, Professeur Honoraire au Collège de France, comme Vice-Président. Une première liste de communications et d’exposés été dressée par les soins du comité.
Nous serions heureux si vous consentiez à participer à cette réunion qui se tiendra à Royaumont du Jeudi 11 au Jeudi 18 Octobre 1956. Les participants au Colloque seront les hôtes du Cercle Culturel de Royaumont pendant cette période. Les frais de voyage sont à la charge des intéressés. Un concert et une excursion sont prévus au programme, dont le détail vous sera communiqué ultérieurement.
Le Colloque devant faire l’objet, comme les précédents, d’une publication, tout les communications devront être remises en double exemplaire dactylographié avant le 10 Octobre, pour les communications en langue française, et au plus tard le 1er Septembre, pour le communication en lange étrangère. Les textes des participants étrangers seront traduits par nos soins, revus par les auteurs, et remis à tous les participants dès leur arrivée. Les débats seront publics, et conduits en lange française; les interventions en lange étrangère seront résumées par des interprètes qualifiés.
En raison des faibles délais qui nous sont accordés, nous vous prions instamment de nous communiquer votre réponse avant le 15 Avril, afin que le Comité puisse arrêter la liste des exposés et la compositions des groupes de discussion.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’assurance de nos sentiments les plus distinguées.
Pour le Comité des Rencontres Philosophiques
Le secrétaire
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
Lucien Goldmann
Le directeur de CCR
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
Marc-André Béra
Prière d’adresser la correspondance à M. le Directeur du Cercle Culturel de Royaumont, Asnières-sur-Oise (S. & O.) – Tél. 18 à Viarmes
[appendice 2. :]
LA PENSEE ET L’ŒUVRE DE KARL MARX
Royaumont 11–18 Octobre 1956
Participants français
H. Arvon « Karl Marx et l’ humanisme feuerbachien »
P. Bigo « Le lien de l’économie politique marxienne avec la philosophie »
M. Bottigelli « Le passage de la pensée philosophique à la pansée économique de Karl Marx»
A. Cornu « Les MSS d’économie politique et de philosophie de Karl Marx (1844) »
J. Desanti « Essence et Devenir dans le Capital »
M. Desroche « Marxisme et sociologie de la Religion »
G. Fessard « La philosophie de l’Histoire chez Marx »
R. Garaudy « La catégorie de la négativité dans la philosophie marxiste »
L. Goldmann « La réification »
V. Leduc « Marx et la question nationale »
H. Lefebvre « Le Marxisme dans l’Histoire »
C. Lefort « Marx et la bureaucratie d’ Etat »
P. Naville « Marx et l’Etat socialiste »
M. Rubel « Karl Marx chercheur scientifique, d’après ses cahiers inédits »
J-P. Vernant « Marx et l’homme grec »
L. Domarchi : sujet non communiqué.
(liste arrêtée le 30 Juin 1956)
[p. 2]
Participants étrengers
Mrs. Arendt (USA) : « Labour and Work »
J. D. Bernal (GB) : « Influence of Marxism in the Natural Sciences »
A. Donini (Italie) : « Rapport entre la théorie marxiste et l’idéologie religieuse »
A. Fiamengo (You.) : « Karl Marx et l’idée de cosmopolitisme »
B. Fogarasi (Hon.) : « La conception marxiste de la ‘Praxis’ et son application dans la science contemporaine »
G. Goriely (Sarre) : « Marx et Sorel »
W. Harich (All.) : « Marx’ Bild des Menschens [!] »
E. J. Hobsbawm (GB) : « Stages of Historical Evolution in Marxist Theory »
C. Luporini (It.) : « Il feticismo mercantile e alcune sue implicazioni filosofiche »
J. Piaget (Suisse) : « Connaissance et Action »
C. Papaianou (Grèce) : « Karl Marx et l’Histoire de la Philosophie »
A. Schaff (Pologne) : « Rapport entre l’histoire et la sociologie dans le système marxiste »
R. Banfi (It.) : sujet réservé
H. Janne (Bel.) : sujet réservé
S. Ossowski (Pol.) : sujet réservé
(liste arrêtée le 30 Juin 1956)
N/B : des communications sont attendu également de Chine, de l’URSS et des pays d’Amérique Latine
[p. 3]
Participants à la discussion
Membres du Comité : Notamment MM. F. Aiquie, M. de Gandillac, H. Gouhier, J. Wahl
Participants français : Notamment MM H. Chambre, G. Friedmann, J. Hyppolite, G. Le Bras, C. Lévi-Strauss, A. Patri, M. Prenant, E. Weil, etc.
Participants étrangers :
Allemagne : K. Löwith
Belgique : J. Dhont, G. Perelmann, A. de Waehlens
Chine : F. Houang
Etats Unis : Pr. & Mrs Wright
Italie : I. Silone
Pérou : Si Carilo
Roumanie : M. Ralea
Suisse : J. Hersch, Th. Spoerri
cette liste, qui n’est pas limitative, ne comprend que les acceptations confirmées à la date du 30/6/56
3. Georg Lukács an Lucien Goldmann am 1. Oktober 1959
[Typoskript]
den 1. Oktober 59
Lieber Herr Goldmann!
Vielen Dank für die Zusendung Ihres neuen Buches. Ich bedanke mich bei dieser Gelegenheit auch für das frühere Buch. Dass ich solange nicht geschrieben habe, entsteht aus einer eigenartigen geistigen Situation, die einen brieflichen Dialog sehr erschwert, fast unmöglich macht und die ich Ihnen im folgenden[!] schildern muss.
Wenn ich 1924 gestorben wäre und meine unveränderte Seele aus einem Jenseits Ihre literarische Tätigkeit betrachten würde, so wäre sie von echter Dankbarkeit erfüllt um das intensive Eingehen auf meine frühen Werke.
Da ich aber nicht gestorben bin und in diesen 34 Jahren mein eigentliches Lebenswerk geschaffen habe – und dieses Lebenswerk existiert für Sie überhaupt nicht [–], kann ich als lebendiger Mensch, dessen Interessen selbstverständlich auf die eigene gegenwärtige Tätigkeit gerichtet sind, sehr schwer zu Ihren Darlegungen stellung[!] nehmen.
Bitte missverstehen Sie mich nicht. Darin ist kein Vorwurf gegen Sie erhoben und enthält auch keine Empfindlichkeit meinerseits. Ich weiss sehr gut, dass jedes publizierte Werk ein unabhängiges Leben vom damaligen Wollen und von den späteren Einsichten des Autors führt, und sie[!] haben – von Ihrem Standpunkt – das volle Recht nur meine Jugendwerke zu berücksichtigen und mein eigentliches Lebenswerk zu ignorieren. Würden wir uns irgendwie persönlich treffen, so könnten sich natürlich Themen eines Dialogs unschwer ergeben. Brieflich ist aber dies so gut wie unmöglich. Ich muss mich also auf diesen sehr formellen Dank beschränken.
Es ist vielleicht unkonsequent[!], aber ich möchte mich doch auch mit einer Bitte an Sie wenden, die Sie selbstverständlich nur dann erfüllen sollen, wenn sie Ihren Überzeugungen nicht widerspricht. Vor mehr als einem Jahr habe ich mit dem Verlag Gallimard eine Übereinkunft getroffen, dass mein keines neues Buch, „Die Gegenwartsbedeutung des kritischen Realismus“ bei ihnen erscheinen wird. Ich erhielt den Kontrakt und sogar einen Vorschuss, höre aber seitdem nichts über das Schicksal dieses Buches. Ich wäre Ihnen sehr dankbar, wenn Sie, der mit dem Verlag in nahen Beziehungen stehen, sich gelegentlich bei Herrn Mascolo erkundigen würden, wie die Angelegenheit eigentlich steht und mich darüber informieren würden.
Mit herzlichen Grüssen Ihr ergebener
Georg Lukács
4. Lucien Goldmann an Georg Lukács am 14. Oktober 1959
[oben am Rande von Lukács:] megválaszolatlan [unbeantwortet]
[in Handschrift auf dem Briefpapier der Institution]
Ministère de l’Éducation Nationale
École Pratique des Hautes Études
Sciences Économiques et Sociales
Centre de Recherches Historiques
54, Rue Varenne, 7e (LITtre 18-32)
Paris, le 14 Octobre 1959
Lieber Georg Lukacs
Danke für Ihren Brief den ich soeben erhalten habe. Was meine Stellung zu Ihrem Werk betrifft so ist sie ganz einfach. Ich verdanke Ihnen viel zu viel um auf das öffentlich einzugehen womit ich, sei es in Ihren Jugendarbeiten, sei es in den späteren Werken, nicht einverstanden bin. Ein solches Vorgehen würde mir einfach kleinlich erscheinen.
Anderseits habe ich immer mein Möglichstes getan um Ihren Nachkriegsschriften eine Veröffentlichung in Frankreich zu sichern, was mir viel wichtiger als eine Auseinandersetzung zu sein schien. Ich habe in diesem Sinne nicht nur bei Nagel sondern bei Voisin[1] und bei Gallimard interveniert und bei letzterem auch [gestrichen: dahin gewirkt] erreicht dass einer unserer besten Übersetzer – Prof. de Gandillac[2] – Ihr Buch ins Französische übertragen hat. (Derselbe hat übrigens vor ungefähr zwei Wochen das Manuskript abgegeben. Das Buch dürfte also in kürze erscheinen.)
Natürlich wäre es für mich, und auch für die meisten jungen (und auch älteren) am Marxismus interessierten Forscher unglaublich wichtig sich einmal mit Ihnen über alle wichtigen philosophischen Fragen unterhalten zu können. Wir haben daher natürlich sehr bedauert dass Sie nicht zum Colloque in Leipzig gekommen sind, an welchem unter anderen Piaget, Ernst Bloch, Desanti, Vernant[,] Mallet (um nur die dem Marxismus nahestehenden zu erwähnen) teilgenommen haben.[3]
Vielleicht wird dieses Schuljahr (d. h. Ostern 1960) ein Colloque über die Dialektik organisiert, an dem wir auch, untern anderem, eine grössere sovietrussische Partizipazion[!] hoffen. Es wäre natürlich sehr, sehr wichtig wenn Sie kommen könnten. Ich werde mein möglichstes tun damit sie eingeladen werden, und nehme fast sicher an dass man es tun wird.
Wie Sie wissen herrscht jetzt unter den französischen marxistischen oder dem Marxismus nahestehenden Philosophen eine grosse intellektuelle Krise, und viele sind dabei, das Kind mit dem Bade auszuschütten. Für die meisten von ihnen sind Sie – mit Recht – eine der letzten übrig gebliebenen geistigen Autoritäten aus dem Lager des Marxismus. Ihre Teilnahme an unseren philosophischen Kolloquien wäre daher besonders wertvoll.
Ich bringe demnächst ein Büchlein[4] über Chagall heraus dass[!] ich Ihnen [gestrichen: sofort] natürlich zuschicken werde. Grüssen Sie Frau Lukács herzlichst und seinen Sie auch herzlichst und freundschaftlichst gegrüsst
Lucien Goldmann
8 Rue de la Cour des Noues
Paris XXé
5. Lucien Goldmann à Georg Lukács le 14 Novembre 1962
[texte dactylographié sur du papier à en-tête de l’École Pratique des Hautes Études]
École Pratique des Hautes Études
(VIe section)
Sciences Économiques et Sociales
Sorbonne
le 14 Novembre 1962
Cher Monsieur Lukacs,
Je vous en voie ci-joint le projet d’un ouvrage collectif que j’essaie de mettre sur pied, ainsi que la lettre envoyée à tous ceux dont j’ai sollicité la collaboration.
Je dois préciser que je l’ai fait sans aucun égard pour les idées et convictions politiques des chercheurs, me guidant uniquement sur leur compétence pour traiter tel ou tel chapitre.
Inutile de vous dire à quel point je serais heureux si vous acceptiez de collaborer à l’ouvrage. Il va de soi que, bien qu’un certain nombre de chapitres soit déjà distribué, je serai disposé à ajouter n’importe où une contribution de votre part, et même, éventuellement en dehors des points indiqués dans le plan une contribution générale à charactère synthétique.
En ce qui concerne les chapitres consacrés à vos propres travaux, je me suis adressé à Colletti en Italie, en me réservant le droit d’ajouter moi-même un certain nombre de pages concernant sur tout les écrits de jeunesse.
Permettez moi de profiter de l’occasion de cette lettre pour vous exprimer à la fois l’admiration que j’ai toujours eu pour vos travaux et le regret de ne pas avoir eu dépris si longtemps la possibilité de vous rencontrer.
Je vais proposé au Comité des Colloques de Royaumont, dont je suis membre, de vous invité au prochain congrès consacré à la Philosophie des Lumière. Ce serait une grande joie pour moi et certainement aussi pour de très nombreux philosophes si vous acceptiez d’ y participer, et si nous pouvions nous entretenir avec vous de tous les problèmes qui nous préoccupent et qui concernant notre travail.
Avec mes salutations à la fois respectueuses at amicales.
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
Lucien Goldmann
[appendice dactylographié :]
Monsieur,
Je me permets de vous écrire au sujet d’un projet qui, je l’espère, pourra susciter votre intérêt.
Un éditeur français vient proposer la direction de ouvrage collectif en cinq ou six volumes, concernant l’Histoire de la Pansée Marxiste. Je serrais naturellement heureux si vous acceptiez de participer à cette entreprise.
A titre informatif, je me permets de souligner que le choix des collaborateurs éventuelles auxquels j’ai l’intention de m’adressé, et déterminé uniquement par des critères de compétence, en faisant abstraction de leurs positions idéologiques.
Pour le moment, je ne vous propose pas de sujet précis, partant de l’idée qu’au début il vaut mieux que chacun choisisse lui-même les parties dans lesquelles il pense être le plus compétant. C’est par la suite seulement, lorsque nous aurons les premières réponses, que je pourrai, soit confirmer les propositions qui me seront parvenus, soit dans le cas où plusieurs chercheurs auront proposé de se charger du même chapitre, demander à l’un ou l’autre d’entre eux de modifier son choix, soit enfin, si certain parties n’avaient fait le objet d’aucune suggestion, proposer à tel ou tel chercheur de s’en charger.
Les principes généraux devant régir l’ensemble de l’ouvrage sont les suivants :
a) à la fois description des grandes discussions théoriques, qui permettra de tenir compte même de théoriciens de moindre envergure, et monographies consacrés à l’œuvre des penseurs les plus importants (Kautsky, Rosa Luxemburg, Lénine, etc…) au risque de répéter certaines analyses.
b) élimination dans la mesure du possible des jugements de valeur – souci exclusif d’information, de compréhension et d’explication.
c) tentative de relier l’histoire des idées à : 1. histoire générale de la pensée, 2. l’histoire de la vie politique, 3. l’histoire économique et social.
Je vous envoie ci-joint un premier projet schématique du plan général de l’ouvrage, en vous priant de m’écrire, dans le cas où accepteriez de collaborer avec nous, quels sont à l’intérieur de ces grandes lignes, le ou les chapître dont vous pensez pouvoir vous charger.
Il va de soi que je vous serais reconnaissant pour tout suggestion concernant les collaborateurs éventuels auxquels vous pensez qu’il faudrait s’adresser et aussi concernant le plan lui-même, qui n’est pour l’instant qu’un projet.
En attendant votre réponse, je vous prie, Monsieur, d’agréer l’assurance de ma très haute considération.
Lucien Goldmann
98, rue de Rennes, Paris, 6ème
P. S. Les droits de l’auteurs sont de 25 NF par page de 2500 signes.
[l’appendice de l’appendice :]
HISTORIE DE LA PENSEE MARXISTE
Tome I : L’œuvre de Marx et d’Engels entre 1840 et 1883
– La dialectique hégélienne
– Les néo-hégéliens
– L’économie classique
– Le socialisme avant Marx
– Marx et Engels jusqu’à la Révolution de 1848
– L’opposition Marx-Proudhon
– Marx et Engels pendant la Révolution de 1848 jusqu’à l’arrivée de Marx à Londres
– La pensée économique de Marx jusqu’au Capital (Etude génétique)
– L’œuvre socio-politique de Marx et d’Engels
– L’opposition Marx-Lassalle
– La première Internationale
– L’opposition Marx-Bakounine
– Le Capital
– Le marxisme de 1875 à 1895
Tome II : La discussion sur l’évolution de la société capitaliste et les perspectives du socialisme avant 1917
– La discussion en Allemagne entre les révisionnistes, le centre et la gauche (Bernstein, Kautsky, R. Luxemburg, etc…)
– La discussion en Italie
– La discussion en Hollande[5]
– L’austro-marxisme
– La discussion en Hongrie[6]
– La discussion en Russie (Plekhanov, Lénine, Trotsky, les Mencheviks, etc….)
– Les théories marxistes sur l’Etat
– La pensée économique marxiste après la mort de Marx. La discussion sur le problème de l’impérialisme (jusqu’à nos jours)[7]
Tome III : La pensée marxiste et la culture
– L’histoire de la pensée philosophique marxiste depuis la mort de Marx à nos jours
– La critique littéraire et artistique. L’esthétique
– Les recherches historiques
– L’etnographie
– L’institut de Francfort
Tome IV : La construction du socialisme
– Problèmes de planification économique en U.R.S.S. et depuis la guerre mondiale en Chine et dans les démocraties populaires
– Les discussions théoriques dans la Troisième Internationale et dans la mouvement communiste
– L’Allemagne[8]
Tome V : Le marxisme et la société capitaliste après 1917
– Le marxisme orthodoxe : Gramsci
– Le réformisme
– L’analyse des transformations récents du capitalisme
– L’analyse du fait colonial, de la décolonisation et du développement du Tiers Monde
– Le pensée marxiste et d’inspiration marxiste en France après 1917
– Le pensée marxiste et d’inspiration marxiste en Allemagne après 1917
– Le pensée marxiste et d’inspiration marxiste en Italie après 1917
– Le pensée marxiste et d’inspiration marxiste en Angleterre après 1917
Il faudrait envisager d’ajouter un certain nombre de brochures annexes d’environ 80 à pages sur l’œuvre théorique de K. Kautsky, R. Luxemburg, G. Lukács, Lénine
6. Georg Lukács an Lucien Goldmann am 1. Dezember 1962
[Typoskript]
den 1. 12. 62
Lieber Herr Goldmann!
Vielen Dank für Ihren interessanten Brief. Das darin mitgeteiltes Projekt ist wirklich etwas wichtiges. Leider kann ich mich aber daran unmöglich beteiligen. Ich bin jetzt mit der Vorbereitung meiner Ethik so beschäftigt, dass ich mir unmöglich eine Digression gestatten darf (wenn Sie an mein Alter denken, so werden Sie das sicher verstehen). Ihr Plan interessiert mich aber so sehr, dass ich mich Ihnen als unaufgeforderter Ratgeber aufdränge und mir erlaube, Ihnen vorerst die Namen einiger Mitarbeiter, die ich für kompetent halte, mitteilen. Es sind: vor allem in Paris Emil Bottigelli, der die Briefe von Engels an Lafargue herausgegeben hat und mit der Materie sehr gut bekannt ist. Dann: Leo Kofler, Köln-Müllheim, Lassallestrasse 44; Konrad Farner, Thalwill bei Zürich, Mühlebachstrasse 11; Cézare [!] Cases, Roma, Via Degli Avignonesi 12. Das Feltrinelli-Institut in Milano ist Ihnen sicherlich bekannt; unter seinem Mitarbeiterstab werden Sie sicher kompetente Leute finden. Jetzt aber gestatten Sie mir noch einige Bemerkungen zum Themenkreis. Band II: Die Diskussion in Ungarn scheint mir prinzipiell nicht wichtig genug zu sein, um hier behandelt zu werden. Dagegen fehlen die folgenden wichtigen Auseinandersetzungen: Frankreich, die Diskussion über die Teilnahme an der Regierung (Millerand), die Diskussion über den Generalstreik nach 1905, wichtig, weil damals Kautsky von der Linke zum Zentrum umgewechselt hat; der Problemkreis des Syndikalismus (Sorel etc.).
Band IV. Es fehlen die Diskussionen nach 1917 (Bres[t]litowsk), Gewerkschaftsdiskussion 1921, NEP); Lenins letzte Jahre; die Diskussionen 1924-28 nach Lenins Tod; Entstehung der Stalinschen Methode; Abrechnung mit ihr am XX. und XXII. Kongress. Das wären meine Ergänzungsvorschläge.
Was die Konferenz betrifft, so gelten hier dieselben Bedenken wie bei der Mitarbeit.
Mit herzlichen Grüssen
Ihr
Georg Lukács
7. Lucien Goldmann an Georg Lukács am 29. Mai 1963
[Typoskript auf dem Briefpapier der Institution]
École Pratique des Hautes Études
(VIe section)
Sciences Économiques et Sociales
Sorbonne
17, rue de la Sorbonne (ODEon 24-13)
Paris, le 29-Mai 1963
Lieber Georg Lukács!
Ich erfahre soeben die Nachricht vom Tode Ihrer Frau, die ich noch, als Sie hier waren, und auch in Zürich kennengelernt hatte. Wenn Sie mich, der ich sie nur flüchtig kannte, schon derart beeindruckte, so kann ich mir vorstellen, welch schwerer Schlag für Sie sein muß, wo Sie seit so langen Jahren in inniger Gemeinschaft mit ihr gelebt haben.
In solchen Fällen kann man nicht viel sagen, außer Sachen, die scheinbar ganz woanders liegen und doch dazu gehören. Vor allem, dass Ihr Werk mit jedem Jahr wichtiger erscheint, daß es immer eindeutiger wird, daß Sie eine der großen Gestalten des 20. Jhd.s sind.
Wir warten hier schon alle gespannt auf die Ästhetik, die demnächst herauskommen soll.
Lieber Georg Lukács, wenn es irgendwie möglich sein sollte, daß Sie einmal nach Frankreich kämen, so wäre das für viele Intellektuelle, vor allem für die marxistischen Intellektuellen ein unerhört wichtiges Ereignis. Ein Wort von Ihnen und ich veranlasse eine Einladung von der Universität, an der ich unterrichte. Aber ich nehme an, daß wahrscheinlich, wenn man wüßte, daß Sie kommen könnten, auch eine Einladung der Sorbonne oder des Collège de France nicht schwer zu veranlassen wäre. Wie haben sowie so auf gut Glück beschlossen, Sie nach Royaumont für den nächsten Kongreß einzuladen. Wie schön es wäre, wenn Sie kämen, kann ich Ihnen kaum wiederholen.
Zum Abschluß dieses Briefes lassen Sie uns hoffen, daß die tiefe Freundschaft und die große Bewunderung, die Sie in der ganzen Welt bei so vielen antreffen, ein kleiner Trost in dem schweren Schlag, der Sie getroffen hat, sein kann, ein Ansporn, Ihr Werk weiter fortzusetzen.
In herzlichster Freundschaft
[in Handschrift:]
Lucien Goldmann
8. Georg Lukács an Lucien Goldmann am 9. Juni 1963
[Typoskript]
den 9. 6. 63
Lieber Lucien Goldmann!
Dank für Ihren Brief vom 29. Mai. Ich danke Ihnen auch für die freundschaftlich empfundenen Worte über Gertrud. Sie haben sie ja gekannt und darum können Sie wissen, was geschehen ist.
Was die Arbeit betrifft, so setze ich sie, allerdings unter grossen Schwierigkeiten, fort. Es gab naturgemäss eine grosse Unterbrechung in der Arbeit an der Ethik, und das Einholen fällt unter den jetzigen Umständen nicht leicht. Damit hängt zusammen, dass ich vorläufig an keine Reise denken kann. Ich muss die Ethik um jeden Preis unter Dach bringen (der erste Teil der Aesthetik erscheint wahrscheinlich in Herbst.) Man soll natürlich nie Nie sagen, obwohl ich jetzt mir schwer vorstellen kann, meine Wohnung zu verlassen.
Mit herzlichen Grüssen
Ihr
Georg Lukács
9. Lucien Goldmann à Georg Lukács le 21 Février 1966
[texte dactylographié sur du papier à en-tête de l’École Pratique des Hautes Études]
École Pratique des Hautes Études
(VIe section)
Sciences Économiques et Sociales
Sorbonne
Paris, le 21 Février 1966
Cher Georg Lukàcs,
Je m’adresse à vous pour vous demander votre concours dans une entreprise que j’ai accepté d’organiser et qui me pose de faire un numéro dans la Revu International de Science Social qu’elle édite, numéro spécial qui sera consacrés à la sociologie de la littérature.
Il me paraît absolument évident que votre nom doit figurer en tous premier lieu dans une pareille publication. C’est pourquoi je vous demande votre collaboration. Je voudrais beaucoup pouvoir y incorporer soit un article de vous sur la méthode, soit une analyse concrète sur une œuvre ou écrivain, autant que possible à caractère proprement sociologique puisqu’il s’agit d’une revue de sociologie.
J’espère vivement qu’il vous sera possible de me répondre favorablement. L’article devrait être prêt pour le 1er novembre, et il me faudrait dès maintenant une réponse de votre part que je puisse communiquer à la rédaction pour l’établissement du plan définitif.
Par ailleurs, l’École Pratique des Hautes Études et l’Institut de Sociologie de l’Université Libre de Bruxelles organisant chaque années un Colloque de sociologie de la littérature; je vous enverrais une invitation pour l’automne prochain mais je n’ose et espérer que vous nous ferez l’honneur venir. Je serais pourtant heureux d’avoir encore l’occasion de m’entretenir avec vous et il y a certainement beaucoup d’autre chercheurs, professeurs et étudiants dans mon cas. Peut être pourriez-vous tous de même accepter.
En attendant je vous pris de croire à tous mon amitié, mon respect et mon admiration.
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
Lucien Goldmann
10. Georg Lukács an Lucien Goldmann am 7. März 1966
[Typoskript]
den 7. 3. 66
Lieber Lucien Goldmann!
Dank für Ihren Brief von 21. Februar. Ich bin gerne bereit, einen meiner Aufsätze Ihnen für Ihre Sondernummer zur Verfügung zu stellen. Sie wissen aber ganz sicher, dass keiner dieser Aufsätze in schulmässigen Sinne soziologisch ist (das bezieht sich natürlich auf alle meine Schriften, auf Literaturgeschichte ebenso wie auf Philosophie).
Was die Aufsätze betrifft, so ist es selbstverständlich, dass sie bereits in deutscher Sprache erschienen sind, der grösste Teil auch italienisch, einiges englisch. Soviel ich weiss, ist aber keiner von ihnen bis jetzt in französischer Sprache erschienen. Es handelt sich also um folgende Sachen, aus denen Sie frei wählen können:
1. „Minna von Barnhelm“ (gesammelte Werke, Band VII. Deutsche Literatur);
2. „Solschenyzin“ (ebd. Band V. Probleme des Realismus II. Hier wäre, so glaube ich, der Titel, unter dem der Aufsatz in der Neuen Rundschau erschienen ist: „Sozialistische Realismus heute“ am besten.);
3. „Tolstoi und die westliche Literatur“ (ebd.);
4. „Über Preussentum“ (im deutschen Buch „Schicksalswende“. Dieser Aufsatz ist während des Krieges geschrieben worden, und hat deshalb einen publizistischen Charakter).
Was die Konferenz betrifft, so haben Sie recht, nach menschlicher Wahrscheinlichkeit werde ich nicht kommen können.
Jedenfalls wünsche ich Ihnen viel Glück zu beiden Unternehmungen.
Mit herzlichen Grüssen
Ihr
Georg Lukács
11. Lucien Goldmann à Georg Lukács le 12. avril 1966
[texte dactylographié sur du papier à en-tête de l’École Pratique des Hautes Études]
École Pratique des Hautes Études
(VIe section)
Sciences Économiques et Sociales
Sorbonne
17, rue de la Sorbonne (ODEon 24-13)
Paris, le 12 avril 1966
Cher Georg Lukács!
Je vous remercie pour votre aimable lettre. Permettez moi cependant d’insister quelque peu auprès de vous. La revue des Social de le UNESCO tient à sa réputation et je m’en voudrais de ne lui proposer qu’une réédition d’un de vos textes, si important fût-in. Ne vous serait-il pas possible de nous donner, malgré tous, un texte original de méthodologie, ou au moins une introduction de 4 à 5 pages à un texte ancien que vous nous indiqueriez?
En espérant que vous pourrez trouver le temp de cet travail, et en vous remerciant d’avance pour votre contribution, je vous pris, Cher Georg Lukács, de croire à mes sentiments respectueuse et fidèles.
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
Lucien Goldmann
[Die Fortsetzung in Handschrift, auf Deutsch:]
Es wäre wichtig, dass Sie uns einen noch unveröffentlich[ten] Text geben, denn anderenfalls müsste die Zeitschrift ohne Ihren Namen erscheinen was wirklich absurd wäre da die meisten darin enthaltenen Forschungen aus Ihren Arbeiten ausgehen[?].
Hinzukommt das[!] der Gesprächsraum[?] hier sehr spezifisch soziologisch ist (es ist eine internationale soziologische Zeitschrift) und die Redaktion des Textes müsste mehr oder weniger auf diese Problematik hin abgestimmt sein.
12. Georg Lukács an Lucien Goldmann am 9. Mai 1966
[Typoskript]
dem 9. Mai 1966
Lieber Herr Goldmann!
Entschuldigen Sie, dass ich Ihren liebenswürdigen Brief von 12. April so verspätet beantworte. Ich musste ein gerade damals fertig gemachtes Kapitel meiner „Ontologie des gesellschaftlichen Seins“ durchsehen und diktieren. Damit habe ich zugleich angedeutet, dass ich Ihren Brief leider negativ beantworten muss. Vergessen Sie nicht, dass ich bereits einundachtzig Jahre alt bin und noch einige Bücher, die ich für meine wesentlichsten Werke halte, vollenden möchte. Es ist mir also unmöglich, die Arbeit an diesen Büchern aus welchem Grund immer zu unterbrechen. Das Buch selbst ist aber derart systematisch gehalten, dass es kaum möglich ist – ohne sich schweren Missverständnissen auszusetzen – einzelne Teile separat zu veröffentlichen.
Mit herzlichen Grüssen Ihr
Georg Lukács
13. Lucien Goldmann à Georg Lukács le 4. juin 1966
[texte dactylographié sur du papier à en-tête de l’École Pratique des Hautes Études]
École Pratique des Hautes Études
(VIe section)
Sciences Économiques et Sociales
Sorbonne
17, rue de la Sorbonne (ODEon 24-13)
Paris, le 4. juin 1966
Georg Lukács
Belgráde Rakpart 2
Budapest 5 – Hongrie
Cher Georg Lukács,
Merci pour votre lettre du 9 mai. A mon tour de m’excuser d’avoir mis si longtemps à vous répondre, mais j’enseigne en ce moment à Berlin de sorte que je n’ai trouvé votre lettre qu’avec un très grand retard.
Je comprends fort bien vos raisons et me rends très bien comte qu’elles sont très sérieuse, mais ne pourrait-on pas prendre quelques parts de n’ouvrage que vous rédigez actuellement de manier à ce que soit inédit? Il contient certainement quelque chose sur les relations entre la réalité social et la culture. Le principe de l’inédit étant sauf, on pourrait en suit publier dans le même numéro une autre étude de votre choix qui a déjà paru en allemand ou en italien.
J’espère que cela sera possible car je ne voudrait pas faire ce numéro sans que votre nom soit bien à la place qui lui relient objectivement dans la vie culturelle contemporaine et qui est selon moi – vous le savez – la première.
Je vous prie de croire à tout mon admiration et à tout mon amitié,
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
Lucien Goldmann
14. Georg Lukács an Lucien Goldmann am 8. Juni 1966
[Typoskript]
den 8. 6. 1966
Lieber Herr Goldmann!
Ich habe folgende Bitte an Sie: Sie werden es wahrscheinlich schon wissen. Jedenfalls aber aus den beigelegten Zeilen entnehmen können, dass mein altes Büchlein über Lenin französisch in einer Raubausgabe erschienen ist.[9] Ich wäre Ihnen sehr dankbar, wenn Sie den Brief an den Verleger, den ich beilege, übersetzen und in einer französischen Zeitung veröffentlichen würden.
Im voraus besten Dank
Ihr
Georg Lukács
15. Georg Lukács an Lucien Goldmann am 2. Juli 1966
[Typoskript]
Budapest, den 2. Juli 1966
Lieber Lucien Goldmann!
Dank für Ihren Brief vom 4. Juni. Wegen Ihrer Abwesenheit von Paris wissen Sie vielleicht nicht, dass ich mit Herrn Peter Lengyel bereits eine Vereinbarung getroffen habe,[10] dass mein Aufsatz über Minna von Barnhelm in der betreffenden Nummer erscheinen wird.
Mit herzlichen Grüssen Ihr
Georg Lukács
16. Lucien Goldmann à Georg Lukács le 22. janvier 1969
[Rundbrief]
AUX MEMBRES DU COMITE INTERNATIONAL DE PATRONAGE DE LA REVUE DE SOCIOLOGIE DE LA CONNAISSANCE
Chers Collègues,
Depuis juillet 1967, les projets de création de la nouvelle Revue, au Comité International de Patronage de laquelle vous avez bien voulu adhérer, ont pu finalement aboutir, non sans avoir rencontré maintes difficultés et subi quelques modifications. Le chargement le plus important réside dans le fait que nous publierons une seule Revue au lieu de deux (édition française et édition anglaise), dans laquelle les articles seront édités soit en français soit en anglais ; la Revue sera donc bilingue.
La publication, qui doit commencer en 1969, sera entreprise conjointement par Essay Press (New-York) et les Edition Antropos (Paris).
Pour marquer la nature bilingue de la Revue, son titre figurera dans le deux langues : Knowledge and Society / Société et Connaissance.
Chaque numéro (deux par an) contiendra un ou plusieurs contes-rendus de recherche originale et des études concernant un des multiples aspects de la sociologie de la connaissance. Il n’y aura pas de recension d’ouvrages, mais des analyse approfondies – par plusieurs auteurs si cela s’avère nécessaire – d’œuvre particulièrement importantes pour la sociologie de la connaissance.
La Revue sera en contact permanent avec les Sociological Abstracts pour pouvoir tenir ces lecteurs au courant des publications importantes.
– Lucien Goldmann, E. P. H. E., Paris
– Serge Jonas, Editions Antropos, Paris
– Jaques Leenhardt, E. P. H. E., Paris
– Norman Birnbaum, Amherst College, Amherst, Mass.
– Leo P. Chall, Essay Press, New-York
– Kurt H. Wolff, Brandeis University, Waldham, Mass.
Les assistants de Rédaction seront :
– Evelyn Weiman, Essay Press (pour l’anglais)
– Jaques Leenhardt, Editions Antropos (pour le français)
La présent lettre a trois objets :
1) Vous informer des nouveaux développements du projet qui, nous l’espérons, rencontreront votre approbation ;
2) Solliciter vos commentaires, avis, questions et suggestions ;
3) Et surtouts : vous demander de nous envoyer des manuscrits, ainsi que vous prier de bien vouloir écrire à toute personne susceptible de s’intéresser à cette entreprise et de nous envoyer des contributions.
Nous espérons une échange fructueux de correspondance à ce sujet, et vous prions de bien vouloir adresser lettres et manuscrits anglais à
Kurt H. Wolff
Department of Sociology
Brandeis University
Walhdam, Mass. 02154, U. S. A.
Pour les lettre manuscrits français les adresser à
Jaques Leenhardt
5, Rue Montsourris
75 – Paris 140 – France
Nous vous remercions dans de votre coopération,
Pour le Comité de Rédaction
Lucien Goldmann
Kurt H. Wolff
17. Georg Lukács an Lucien Goldmann am 1. Juli 1970
[Typoskript]
1. VII. 1970.
Lieber Herr Goldmann!
Sie werden verstehen und verzeihen, dass ich in einer persönlichen Angelegenheit an Sie wende. Es handelt sich darum, dass die von mir vertretene philosophische Richtung nur dann den objektiv nötigen Einfluss gewinnen kann, wenn nicht nur meine Werke, sondern auch die Werke, die diese Richtung würdig vertreten, überall erscheinen können.
Diesmal handelt es sich um Frau Agnes Heller, von der Sie sicher schon einiges gelesen haben. Zwei ihrer Bücher, über Aristoteles und über das Menschenbild der Renaissance, liegen jetzt bei Routledge and Kegan Paul. Herr Erval von Verlag Gallimard sagte mir, dass auch er hätte etwas von Agnes Heller französisch zu veröffentlichen und zwar die Studie über Wert und Geschichte. Frau Heller [w]ird Ihnen einen Teil dieser Arbeit in Übersetzung schicken.
Meine Bitte an Sie ist nun[11] folgende: Bitte intervenieren Sie bei beiden Verlagen im Interesse des Erscheinen s dieser Werke. Wenn Ihnen die Haupttätigkeit [von Agnes Heller bekannt sein wird, werden Sie diese Intervention sicher nicht bereuen. Diese Studien gehören zum wertvollsten in der gegenwärtigen philosophischen Literatur.
Mit herzlichen Grüssen Ihr
Georg Lukács[12]
ANHANG / APPENDICE
1. Georg Lukács an den Verlag Etudes et Documentation Internationales am 8. Juni 1966[13]
[Typoskript]
den 8. 6. 1966
An den Verlag „Editions [mit Kugelschreiber korrigiert: Etudes] et Documentation Internationales”
Verehrte Herren!
Aus einer Rezension erfahre ich rein zufällig, dass sie mein altes Buch über Lenin (1924) in französischer Übersetzung herausgegeben haben. Da ich feststellen muss, dass Sie sich nie an mich um Erlaubnis zur Übersetzung gewendet haben, kann ich in Ihrer Ausgabe nur einen Raubdruck erblicken. Ich protestiere also gegen Ihr gesetzloses Vergehen.
Hochachtungsvoll Ihr ergebener
Georg Lukács
2. Georg Lukács an den Verlag Etudes et Documentation Internationales am 16. Juli 1966
[Typoskript]
den 16. 7. 1966
Etudes et Documentations Internationales
Verehrte Herren!
Im Besitz Ihres Briefes vom 29. Juni kann ich mitteilen, dass ich Ihre Begründung, warum Sie mir nicht in der Angelegenheit der Autorisation geschrieben haben, nicht annehmen kann. Es sind von mir so viel Bücher und Zeitschriftenartikel in Frankreich erschienen, dass es sin Kinderspiel gewesen wäre, meine Adresse zu erfahren.
Auch Ihre anderen Argumente kann ich nicht akzeptieren. Sie mögen mein Buch über Lenin für ein noch do wichtiges Dokument halten, ich bin aber noch immer ein lebender Schriftsteller, der das Recht hat über das Was und Wien der Veröffentlichung seiner Werke zu verfügen. In diesem Fall hätte es sich um ein Vorwort gehandelt, in welchem ich mich über meine gegenwärtige Stellung zu diesem Werk ausspreche.
Ich kann Ihre Ausgabe also nur als einen Raubdruck auffassen.
Hochachtungsvoll
Georg Lukács
3. Peter Lengyel à Georg Lukács le 5. mai 1966
[texte dactylographié sur du papier à en-tête de l’UNESCO]
Place de Fontenoy, Paris 7e
May 5, 1966.
Cher Monsieur,
Faisant suit à la correspondance que vous avez échangée avec Monsieur Lucien Goldmann concernant le numéro de la Revue internationale des Science sociales consacré à la sociologie de la littérature, je suis heureux de vous confirmer l’invitation qu’ il vous a faite de contribue un article à ce numéro.
Je tiens à préciser qu’en règle générale la Revue, qui paraît en deux éditions séparées, anglaise et française, ne publie que des inédits. Dans votre cas toutefois et compte tenu de l’extrême importance que j’attache à votre collaboration, il sera possible malgré tout d’accepter un texte n’ayant jusqu’à présent été publié qu’en allemand ou dans une langue autre que le français ou l’anglais, surtout si vous êtes disposé à l’accompagner d’une introductions inédite.
Les articles de la Revue ne sont généralement pas très long – environs 5.000 mots, soit 15 à 20 pages dactylographiées à double interligne. Parmi les trois sujets que vous avez proposés à Monsieur Goldmann, l’article sur le « réalisme socialiste aujourd’hui et Solschenyzin », me paraît le plus intéressant, suivi de « Tolstoï et la littérature occidentale ».
Les manuscrits peuvent être rédigés en allemand, mai je vous demanderai de bien vouloir observer la méthode de présentation indiquée dans la note d’information ci-jointe.
Des honoraires d’un montant de 2350 forints vous seront versés pour un manuscrit reçu et accepté.
Dans l’attente du plaisir de vous lire, je vous prie d’agréer, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
Peter Lengyel
Rédacteur en chef
Revue internationale des Sciences sociales
4. Georg Lukács an Peter Lengyel am 13. Mai 1966
[Typoskript]
Budapest, den 13. 5. 1966
Lieber Herr Lengyel!
Vielen Dank für Ihren Brief vom 5. Mai. Ich bin natürlich einverstanden damit, welche Wahl immer Sie unter den Aufsätzen treffen. Ich muss nur leider sagen, dass ich nur an eine französische Ausgabe Ihrer Zeitschrift gedacht habe. In dieser Sprache ist keiner der drei Aufsätze bis jetzt erschienen. Dagegen ist sowohl der Aufsatz über den sozialistischen Realismus heute, wie der über Tolstoi und die westliche Literatur in englischer Sprache erschienen. Für die englische Ausgabe bliebe also nur der Aufsatz über Minna von Barnhelm. Die Auswahl überlasse ich Ihnen. Ich bitte Sie nur mich von Ihrer Entscheidung zu verständigen. Zu dem veröffentlichten Aufsatz könnte ich natürlich einen ganz kurzen „Kopf“, natürlich keine wirkliche Einleitung schreiben, eine solche wäre auch unproportioniert.
Mit herzlichen Grüssen Ihr
Georg Lukács
5. Peter Lengyel à Georg Lukács le juin 1966
[texte dactylographié sur du papier à en-tête de l’UNESCO]
Place de Fontenoy, Paris 7e
8. juin 1966.
Cher Monsieur,
Je vous remercie de votre lettre du 13 mai dernier.
Vos deux articles, l’un sur Tolstoï, l’ autre sur le réalisme socialiste ayant déjà été publiés an anglais, il semble que seul l’article sur Minna von Barnhelm soit disponible.
Si vous disposez d’un exemplaire, aurez-vous l’ obligeance de me le faire parvenir pour me permettre de me faire une idée du contenu ? Dans le cas contraire, faitez-moi savoir le lieu de publication en allemand, afin que je puisse me le procurer.
Dans l’attente du plaisir de vous lire, je vous prie d’agréer, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
Peter Lengyel
Rédacteur an chef
Revue internationale des Sciences sociales
6. Georg Lukács György an Peter Lengyel am 15. Juni 1966
[Typoskript]
15. 6. 1966
Lieber Herr Lengyel!
Ich bin mit Ihrem Brief vom 8. Juni ganz einverstanden. Darum schicke ich Ihnen beiliegend einen Sonderdruck meines Aufsatzes über „Minna von Barnhelm“.
Mit herzlichen Grüssen Ihr
Georg Lukács
7. Peter Lengyel à Georg Lukács le 24. juin 1966
[texte dactylographié sur du papier à en-tête de l’UNESCO]
Place de Fontenoy, Paris 7e
24 juin 1966.
Cher Monsieur,
Merci pour votre lettre du 15 juin contenant le tiré à part de l’article sur Minna von Barnhelm. Je l’ai lu avec grand intérêt, et le rapprochement entre Lessing et Mozart m’a particulièrement frappé.
Il me paraît donc que la publication en anglais et en français de cet article dans la Revue international des Sciences sociales soit des plus souhaitables. Je vous demanderai seulement de me faire savoir si les droits d’auteurs dans ces deux langues sont votre propriété, ou bien si je dois contacter l’éditeur de « Akzente », Mr. Carl Hanser, de Munich.
J’espère également qu’il vous sera possible de rédiger un court « chapeau » à cet article, ainsi que vous me le proposez dans votre lettre du 13 mai. Ce texte devra me parvenir en deux exemplaires dactylographiés, vers le mois d’Octobre prochain, si cela vous convient.
Croyez, cher Monsieur, à l’assurance de mes sentiments très distingués.
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
Peter Lengyel
Rédacteur an chef
Revue internationale des Sciences sociales
[In Handschrift:]
P. S. Ich kann Ihnen leider offiziell nicht deutsch schreiben, doch beherrsche ich natürlich auch diese Sprache, obzwar nicht ungarisch. Mein Vater war der verstorbene Samu Lengyel, und ich bin der Neffe von Gyula Lengyel, die beide, glaube ich, [Sie] gekannt haben. Mit herzlichen Grüssen Ihr P. L.
8. Georg Lukács an Peter Lengyel am 2. Juli 1966
[Typoskript]
den 2. Juli 1966
Lieber Herr Lengyel!
Dank für Ihren Brief vom 24. Juni.[14] Die Übersetzungsrechte aller meiner Schriften gehören mir. Sie müssen also keine weiteren Schritte unternehmen.
Was Sie über sich selbst schreiben, freut mich sehr. Ich war mit Gyula Lengyel Jahrzehnte lang eng befreundet. Auch mit Ihrem Vater bestand während seines Wiener Aufenthalts ein freundschaftlicher Verkehr.
Mit herzlichen Grüssen
Georg Lukács
9. Peter Lengyel à Georg Lukács le 17. août 1966
[texte dactylographié sur du papier à en-tête de l’UNESCO]
Place de Fontenoy, Paris 7e
17 août 1966.
Cher Monsieur,
Je vous remercie de votre lettre du 2. juillet concernant les droits d’auteur de votre article sur Minna von Barnhelm.
J’attends avec beaucoup d’intérêt le « chapeau » que vous ajouterez à ce texte et vous demanderais également d’avoir si possible l’amabilité de me faire parvenir en même temps, pour les besoins de la traduction en anglais et en français, un deuxième exemplaire de la version allemande de cet article.
Vous remerciant, je vous prie de croire, cher Monsieur, à l’assurance de mes sentiments cordialement dévoués.
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
Peter Lengyel
Rédacteur an chef
Revue internationale des Sciences sociales
10. Georg Lukács an Peter Lengyel am 26. August 1966
[Typoskript; über den Zeilen in Lukács‘ Handschrift:] UNESCO
den 26. 8. 1966
Lieber Herr Lengyel!
Vielen Dank für Ihren Brief vom 17. August. Ich schicke beiliegend den gewünschten Kopf und einen Sonderabdruck des Aufsatzes.
Mit herzlichen Grüssen
Georg Lukács
11. Peter Lengyel à Georg Lukács le 28. septembre 1966
[texte dactylographié sur du papier à en-tête de l’UNESCO]
Place de Fontenoy, Paris 7e
28 septembre 1966.
Cher Monsieur,
Je vous remercie vivement de votre lettre du 26 août ainsi que du manuscrit et du tiré à part qui y étaient joints.
Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint un contrat d’honoraires pour ce manuscrit, d’un montant de 2350 forints. Ayez l’amabilité de m’en retourner deux exemplaires dûment datés et signés par vous, le troisième étant pour vos dossiers personnels.
Croyez, cher Monsieur, à l’expression de mes meilleurs sentients.
[signature manuscrite au-dessus de celle dactylographiée :]
Peter Lengyel
Rédacteur an chef
Revue internationale des Sciences sociales
[1] Robert Voisin, der Director des Verlags L’Arche.
[2] Maurice de Gandillac, Philosophieprofessor an der Universität Sorbonne.
[3] Es geht um die Leipziger Konferenz zum Thema „Struktur und Genesis in den Wissenschaften und in der Philosophie“.
[4] Das Büchlein ist vermutlich nicht erschienen, Goldmanns Chagall-Studie lässt sich hier lesen: Sur la peinture de Chagall. Réflexions d’un sociologue, Annales. Economies, sociétés, civilisations. 15ᵉ année, N. 4, 1960., 667–683.
[5] À côté de la ligne par la main de Lukacs : Frankreich : Millerand
[6] À côté de la ligne par la main de Lukacs un point d’interrogation.
[7] Sous les lignes par la main de Lukacs : Generalstreik, [au-dessous :] Syndikalismus.
[8] Sous les lignes par la main de Lukacs: Diskussionen (1917, Brest-Litowsk, Gewerkschaft); [au-dessous :] Lenins letzte Jahre; [au-dessous :] Fehlt: Entstehung von Stalinismus a) Diskussionen 1924-8 b) Entstehung d. Stalinschen Methode; [au-dessous :] Abrechnung XX u. XXII Kongress
[9] Lukács’ Lenin-Broschüre (1924) erschien 1965 beim Verlag Études et Documentation Internationales, zu Lukács’ Reaktion s. die Briefe im Anhang.
[10] Zur Korrespondenz zwischen Lukács und Péter Lengyel s. den Anhang.
[11] Im Original: nur; korrigiert.
[12] Von fremder Hand: visszajött VII. 21-én, újra elment 24-én [am 21. 7. zurückgekommen, am 24. wieder versandt].
[13] Sogar in zwei Briefen protestiert Lukács gegen das Verfahren des Verlags (der im Brief an Lucien Goldmann erwähnte ist der erste), doch später lässt sich sein Ärger über den Verlag (und seine Redakteure Boris Fraenkel und Jean Riesacher) nach, und im weiteren Briefwechsel zwischen ihnen geht es dann um die französische Veröffentlichung von Lukács’ Studie Zur philosophischen Entwicklung des jungen Marx (1840–1844) und der kleineren politischen Schriften der 60er Jahre.
[14] Im Original: Juli; korrigiert.